Astrophotographie: Capturer le Ciel Étoilé d’Hiver

Astrophotographie: Capturer le Ciel Étoilé d’Hiver

Ben oui coudonc, l’hiver a commencé de bonne heure cette année le 9 novembre vers midi chez nous. Preuve à l’appui, voici une photo des premiers flocons au sol.

Les premiers flocons au sol de 2025, le 9 novembre.

Le construction en bois qu’on y voit servira à accueillir notre sauna baril. Livré dans un seul morceau à part ça. Pis ici sur la photo suivante, c’est 10 jours après la première neige

10 jours après, l’hiver est déjà bien installé et la neige n’a jamais fondue.

Le sauna baril

Quelques jours après par un beau matin ensoleillé…pas vrai pantoute, le soleil est disparu jusqu’à la mi-janvier en fait. Et j’en sais quelque chose, j’attendais après un ciel étoilé pour essayer mon nouveau télescope, mais j’y reviendrai tantôt. Donc, notre sauna baril arrive un matin gris de novembre livré par deux types ukrainiens à l’air taciturne, mais diablement efficace. Mais en moins d’une heure, le sauna est installé et prêt à nous faire suer.

Livraison du sauna déposé sur la plateforme, à la force des bras!
Le sauna en action

La détente d’un sauna combiné à l’air glacé dehors et à des bains froids (à l’intérieur) nous procurent le plus grand bien. C’est une bonne routine de pays scandinave à mettre en place, et ça vaut le coup par la suite. Entoucas, on en a profité tout l’hiver. Combien de fois nous avons contemplé le ciel étoilé en robe de chambre en ratine, en grelottant, juste avant de retourner dans notre sauna où la température se maintenait autour de 85 C. (oui, oui Celsius pas Fahrenheit)

Les ciels étoilés…

Étant un grand amateur de ciel étoilé, d’aurores boréales, de nébuleuses et autres objets du ciel profond, j’ai décidé de me greyer d’un bon kit pour faire de l’astrophotographie. Comme chez nous le ciel est assez noir la nuit soit Bortle 4.6, l’indice utilisé pour mesurer la qualité du ciel (Mégantic c’est 1 ou 2, pis Montréal c’est 8-9), je me suis dit que je m’adonnerais à ma passion à partir de chez nous: pas de voisin, pas de pollution lumineuse autour de la maison, avec un horizon assez dégagé. Donc, je m’achète un nouveau télescope à la fin octobre et bam, les nuages arrivent avec la neige, et le soleil part en vacances jusqu’à la mi-janvier. Je suis sérieux là, j’ai utilisé mon attirail céleste deux fois pendant les deux mois et demi d’absence de l’astre solaire. Et y neigeait tout le temps en plus. Les seuls points blancs dans le ciel que je voyais étaient des flocons de neige.

En veux-tu d’la neige, en v’là!
Notre maison et notre terrain bien enneigés
Notre accès à la maison avec ses murs de neige.
On aperçoit la constellation d’Orion tout en haut de la photo.

Mais dès la mi janvier, les nuages se firent plus rare, et enfin je peux sortir installer mon kit de télescope et me mettre à la tâche. Et peu importe la température, en fait plus c’est froid et plus clair est le ciel, je fais des vas et viens pour ajuster mon matériel. Parce qu’une fois que ça part, je laisse tourner. Pis je regarde le ciel et je rentre me réchauffer ensuite. De l’intérieur, je peux tout contrôler à distance. C’en est presque magique de voir les photos s’accumuler. Parce que le secret des photos de ces beautés du ciel nocturne, c’est qu’il faut  » empiler  » les photos pour obtenir un signal clair et coloré. Ça vient de loin cette lumière là, alors y faut un peu (beaucoup) de technique. C’est quand même photographier quelque chose qu’on ne voit pas, faut le faire!.

Mon spot de télescope cet hiver. C’est assez fin cette bébelle là, ça peut passer gentiment la nuit dehors sans se plaindre.

Bon, sur les prochaines photos, je vous présente quelques nébuleuses, galaxies et amas d’étoiles du ciel d’hiver. Je vais mettre quelques détails sur chacune des photos, mais sans plus, car ça peut devenir un peu trop technique. Il me faut souvent deux ou trois soirées de photos sur un seul objet pour avoir quelque chose de beau à voir.

Les objets du ciel profond

Messier 31 (M31) – Galaxie d’Andromède

Distance : environ 2,5 millions d’années-lumière, photographiée les nuits du 27 octobre et 17 novembre.

La grande voisine de la Voie lactée, visible à l’œil nu sous un ciel sombre. Cette immense galaxie spirale contient plus de mille milliards d’étoiles… et elle se rapproche lentement de nous. Dans environ 4 milliards d’années, elle entrera en collision avec notre galaxie. Un rendez-vous cosmique déjà en marche.


Messier 42 (M42) – Nébuleuse d’Orion

Distance : environ 1 350 années-lumière, photographiée la nuit du 18 janvier.

L’une des plus spectaculaires pouponnières stellaires de notre galaxie. Visible à l’œil nu dans la constellation d’Orion, M42 est un immense nuage d’hydrogène où naissent de jeunes étoiles, dont le célèbre Trapèze en son cœur. Un véritable laboratoire cosmique… juste au-dessus de nos têtes.


Messier 45 (M45) – Les Pléiades

Distance : environ 444 années-lumière, photographiée la nuit du 8 décembre.

Un jeune amas d’étoiles bleutées, facilement visible à l’œil nu dans la constellation du Taureau. Âgées d’à peine 100 millions d’années, ces étoiles chaudes illuminent délicatement les nuages de poussière qui les entourent. Un petit bijou du ciel d’hiver, à la fois simple à observer… et fascinant à photographier.


IC 1805 – Nébuleuse du Cœur

Distance : environ 7 500 années-lumière, photographiée les nuits du 18 et 24 janvier.

Immense région HII située dans la constellation de Cassiopée, la Nébuleuse du Cœur est une vaste pouponnière stellaire. Au centre, l’amas Melotte 15 abrite de jeunes étoiles massives dont le rayonnement sculpte lentement le gaz environnant. Une structure gigantesque… qui dessine dans le ciel une forme étonnamment familière.


IC 1848 – Nébuleuse de l’Âme

Distance : environ 7 500 années-lumière, photographiée les nuits du 27 janvier et 1er février.

Voisine immédiate de la Nébuleuse du Cœur dans Cassiopée, cette immense région HII est elle aussi un berceau d’étoiles. Son gaz d’hydrogène, excité par de jeunes étoiles massives, brille intensément et révèle des structures complexes façonnées par la gravité et le rayonnement. Deux nébuleuses sœurs, liées par leur origine… et par leur beauté dans le ciel profond.


IC 434 – Nébuleuse IC 434

Distance : environ 1 500 années-lumière, photographiée les nuits du 2, 5 et 8 février.

Grande nappe d’hydrogène ionisé dans la constellation d’Orion, IC 434 brille sous l’effet du rayonnement des étoiles voisines. C’est sa lueur rouge caractéristique qui sert de toile de fond à la célèbre silhouette sombre de la Tête de Cheval. Une région discrète à première vue… mais essentielle pour révéler l’un des paysages les plus iconiques du ciel profond.


Messier 81 & Messier 82 – M81 & M82

Distance : environ 12 millions d’années-lumière, photographiée la nuit du 21 février.

Deux galaxies voisines dans la Grande Ourse, liées par la gravité. M81 est une élégante spirale aux bras bien définis, tandis que M82, perturbée par leur interaction passée, vit un intense sursaut de formation d’étoiles. Un duo cosmique fascinant : le calme et la turbulence réunis dans le même champ.


NGC 2174 – Nébuleuse de la Tête de singe

Distance : environ 6 400 années-lumière, photographiée les nuits du 1 et 2 mars.

Région HII située dans la constellation d’Orion, cette vaste nébuleuse d’hydrogène est un véritable berceau d’étoiles. Le rayonnement de jeunes étoiles massives illumine et sculpte le gaz environnant, créant cette forme évocatrice qui lui a valu son surnom. Une scène dynamique de naissance stellaire, figée par la distance… mais bien vivante dans le ciel profond.


Rosette Nebula (NGC 2237) – Nébuleuse de la Rosette

Distance : environ 5 200 années-lumière, photographiée les 2, 18 et 19 février.

Immense région gazeuse dans la constellation de la Licorne, la Rosette est une vaste pouponnière stellaire. Au centre, un jeune amas d’étoiles ionise l’hydrogène environnant, sculptant cette structure circulaire qui évoque une fleur cosmique. Une rose géante en pleine formation… épanouie au cœur de notre galaxie.


L’équipement

Et voilà! Je vous laisse donc terminer cet hiver en douceur (il se termine pour nous le 24 mars en Guadeloupe, les pieds dans la mer). Déjà au moment d’écrire ces lignes, le printemps semble vouloir se poindre à l’horizon. Je met ici une liste de mon équipement pour ceux que ça intéresse:

  • Caméra refroidie Ares C Pro Player One 9 mpx
  • Monture équatoriale ZWO AM3N, trépied ZWO
  • ZWO ASI120MM Mini w/ ZWO 30F4 Guidescope
  • Télescope ASKAR SQA55, F4.8 264 mm
  • Mini PC MeLe Quiet 4C
  • Autofocus ZWO EAF PRO
  • Filtre double bandes SVBony SV220 3nm
  • Les logiciels open source N.I.N.A.(contrôle) et SIRIL(édition)

Et quelques photos de fin d’hiver. Et comme disent les anglo-saxons dans le monde de l’astrophoto, Clear Sky!!!

Une mésange se régale à notre mangeoire.
Lumière du lever de soleil dans les arbres devant notre maison.
Sortie en raquette avec notre petite fille Lili.
Un paysage hivernal paisible en cette fin d’hiver.
Un dindon dans la neige, capturant l’instant d’hiver.

This Post Has One Comment

  1. Magnifique !!!
    Merci Sylvain pour ces belles photos et pour tes commentaires tout plein d’informations très instructives.

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